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Du 2  février au 18 mai 2014, la galerie du café Aroma présente l’exposition de photographies de Francis Ducreau, « Stadt der Menschen – Menschen der Stadt« .

Texte de présentation par Myriam Louviot Image

(auf Deutsch, siehe unten):

Dire une ville. L’esprit d’une ville.

Faut-il pour cela souligner la grandeur de ses monuments, le charme de ses rues, la couleur de ses eaux, la ligne de ses tramways ? Ou encore explorer ses coins sombres et ses zones troubles ?  Tenter de révéler sa face cachée ?

Possible. C’est pourtant une toute autre voie que choisit Francis Ducreau.

Résidant à Berlin depuis vingt-cinq ans, le photographe français a eu le temps d’apprivoiser la ville, de s’imprégner de son ambiance, de son histoire, de son rythme. De la faire sienne. Et le Berlin qu’il photographie est un Berlin humain, quotidien, habité. Un Berlin aimé aussi, sans aucun doute.

C’est à vélo que le photographe préfère explorer sa ville et les images présentées ici sont le fruit de ses déambulations des trois dernières années dans différents quartiers. Pas de prétention à l’exhaustivité, pas de système, si ce n’est celui d’un regard patient, attentif.

Au cours de l’errance qui nous est proposée, on ne croisera ni l’ombre de la Fernsehturm, ni la silhouette imposante de la Porte de Brandebourg, ni les vertigineuses architectures de la Potsdamer Platz. On ne s’arrêtera pas plus à la terrasse de quelque café branché que dans les sous-sols du club alternatif du moment et l’on n’admirera pas non plus les œuvres de street-artistes mondialement célèbres. Il ne sera question ni de la Grande Histoire, ni de la capitale la plus sexy d’Europe. On est bien loin du reportage touristique. Non, le Berlin que Francis Ducreau nous présente est un Berlin modeste, un Berlin qui ne s’exhibe pas.

A parcourir ces paysages de friches envahies par les mauvaises herbes et les graffitis ou ces arrière-cours étroites, ces places monumentales ou ces semblants de terrasses d’Imbiss bon marché, on est frappé de découvrir ce qui fait vraiment l’esprit de cette ville, aujourd’hui.

L’incroyable liberté qu’elle offre à ses habitants.

La place qu’elle fait à l’humain.

Et bien sûr on peut deviner ici peut-être la trace du fameux mur, là-bas la silhouette d’un monument important. Bien sûr, on peut constater que ce n’est pas une ville riche, l’état d’abandon de certains bâtiments en témoigne. Mais ce n’est pas le propos. Ce n’est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est ce qui se joue à une table de Biergarten ou sur le plongeoir d’une piscine désaffectée, sur un banc public ou dans l’allée d’un cimetière. Ce qui compte, ce sont les hommes et les femmes qui vivent ici. La trace de leur passage. La vibration de leur énergie vitale. La dimension éphémère, parce que vivante, de l’urbain.

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Car dans ces photographies, on le voit, Berlin est une ville à taille humaine. Avec sa superficie gigantesque, avec ses avenues monumentales, cela peut sembler paradoxal, et pourtant, c’est bien ce qui vient à l’esprit devant ces images. Berlin est à la taille des rêves de ses habitants, à la taille de leurs envies, de leurs désirs, de leur imagination…

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Visages de tous âges et de tous milieux, looks travaillés ou désinvoltes, les Berlinois qui s’affichent ici le sont peut-être de naissance ou seulement pour un temps, mais qu’importe ? A travers eux, Francis Ducreau dévoile la générosité de Berlin. Berlin, qui s’efface pour faire place à ceux qui l’habitent, à ceux qui la traversent, et révèle ainsi sa vraie nature : un immense espace libre où s’inventer soi.

Berlin où l’on joue au volley sur des plages en pleine ville ou sur des terrains vagues, où l’on fait la sieste sur des places, où l’on s’embrasse en terrasse, où l’on pose son transat défraîchi dans une cour sombre, où l’on gare sa caravane le long du trottoir… Berlin où l’on construit ici, tandis que là, la nature reprend ses droits sur le bâti.

Berlin où l’on se prend en photo aussi. Tous les guides de voyage vous le disent : ne ratez pas l’occasion d’essayer l’un des fameux Photoautomat qui existent encore ici. Pour quelques euros, vous immortaliserez la trace de votre passage dans la ville. Et en argentique s’il vous plaît ! Des photos qui ne serviront à aucun document officiel, que l’on ne pourra présenter à aucune administration. Des photos sur lesquelles on peut alors être à deux, faire des grimaces ou s’embrasser. Des photos pour soi.

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Francis Ducreau capture cela aussi en quatre images de ces fameuses cabines. La pose, l’attente. Les rires et les sourires découvrant le résultat. Mise en abyme volontaire ? Après tout, lui aussi est resté fidèle à l’argentique, adepte du moyen format. A cette manière de photographier qui préserve la surprise, exige la patience.

Et l’on ne peut s’empêcher de penser que ce temps imposé par la technique et ce regard patient du photographe vont particulièrement bien à cette ville qui laisse aux hommes qui l’habitent le temps de vivre. Le temps d’être soi. Et si ce n’est que le rêve du photographe, en tout cas, on a envie d’y croire.

Traduction allemande d’Esther Jahns :

Stadt der Menschen – Menschen der Stadt

Eine Stadt ausdrücken. Ihr Wesen erfassen.

Muss man dafür die Größe ihrer Bauwerke hervorheben, den Charme ihrer Straßen, die Farbe ihrer Gewässer, das Wegenetz der Tram? Oder sollte man versuchen, die geheimen Seiten der Stadt ans Licht zu bringen?

All dies wäre möglich. Francis Ducreau hat jedoch einen ganz anderen Weg gewählt.

Der Fotograf, der seit 25 Jahren in Berlin lebt, hatte Zeit, sich mit der Stadt vertraut zu machen, ihre Stimmungen, ihre Geschichte und ihren Rhythmus aufzusaugen. Sie zu seiner eigenen zu machen. Und das Berlin, das er fotografiert, ist ein menschliches, ein alltägliches, ein lebendiges Berlin.

Francis Ducreau erforscht Berlin am liebsten vom Fahrrad aus und die hier ausgestellten Bilder sind bei Fahrten kreuz und quer durch verschiedene Viertel in den letzten drei Jahren entstanden. Sie erheben weder Anspruch auf Vollständigkeit, noch liegt ihnen ein System zugrunde, und wenn, dann das des geduldigen und aufmerksamen Blickes.

Im Laufe der verschlungenen Pfade, denen wir folgen, bekommen wir weder den Schatten des Fernsehturms zu sehen, noch die imposante Silhouette des Brandenburger Tores oder die schwindelerregende Architektur am Potsdamer Platz. Wir verweilen nicht in angesagten Straßencafés oder in Kellerräumen aktueller Szene-Clubs, und ebenso wenig bewundern wir die Werke weltberühmter Straßenkünstler. Es geht hier weder um die Weltgeschichte noch um die europäische Hauptstadt mit dem größten Sexappeal.   Das sind keine Bilder für einen Reiseführer. Das Berlin, das Francis Ducreau uns zeigt, ist bescheiden und keinesfalls ein Selbstdarsteller.

Wenn man diese Brachen betrachtet, die von Unkraut und Graffitis überwuchert sind oder die engen Hinterhöfe, die riesigen Plätze und die Möchtegern-Terrassen der billigen Imbissbuden, dann wird mit einem Schlag klar, was das Wesen dieser Stadt heute ausmacht. Es ist die unbeschreibliche Freiheit, die sie ihren Bewohnern eröffnet.

Der Raum, den sie dem Menschlichen gibt. Und natürlich kann man hier und da Spuren der Mauer, die Silhouette eines berühmten Bauwerks erahnen. Und man bemerkt, dass es sich um keine reiche Stadt handelt. Der vernachlässigte Zustand so mancher Gebäude zeugt davon. Aber das ist nicht das Thema. Darum geht es hier nicht. Es geht vielmehr darum, was an einem Biergartentisch passiert, auf dem Sprungturm eines  stillgelegten Schwimmbades, auf einer Parkbank, auf einem Friedhofsweg. Es geht um die Menschen, die hier leben, um die Spuren, die sie hinterlassen, um die Schwingungen ihrer Lebensenergie, um die vergängliche – weil lebendige – Dimension des Urbanen.

Denn in diesen Bildern sieht man, dass Berlin eine Stadt mit menschlichen Ausmaßen ist. Das erscheint paradox, wenn man an ihre riesige Ausdehnung und ihre breiten Straßen denkt. Nichtsdestotrotz kommt einem beim Betrachten dieser Bilder genau das in den Sinn. Berlin ist so groß wie die Träume seiner Einwohner, wie ihre Wünsche und  Fantasien…

Gesichter aus verschiedensten Lebensphasen und Schichten, natürliche oder gestylte; die Berliner,  die wir hier sehen, sind vielleicht hier geboren oder leben nur für einige Zeit in der Stadt, aber was macht das schon? Durch ihren Anblick zeigt uns Francis Ducreau die Großzügigkeit von Berlin. Ein Berlin, das sich zurücknimmt, um  sowohl denen Platz zu geben, die hier leben als auch denen, die nur auf der Durchreise sind. Die Stadt enthüllt auf diese Weise ihr wahres Selbst: ein riesiger Raum, in dem sich jeder selbst erfinden kann.

Berlin, wo man mitten in der Stadt auf Sand oder anderem Untergrund Beach-Volleyball spielt, wo man auf Plätzen ein Nickerchen macht, sich auf offener Straße küsst, seinen zerschlissenen Liegestuhl in einem dunklen Hof aufstellt, sein Auto mitten auf dem Bürgersteig parkt… Berlin, wo man hier etwas baut, während sich dort die Natur ihren Platz zurückerobert.

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Berlin, wo man sich fotografiert. Alle Reiseführer empfehlen, die Gelegenheit zu ergreifen und einen der legendären hier noch existenten Fotoautomaten auszuprobieren. Es kostet nur ein paar Euro die Spuren des eigenen Berlinbesuchs auf diese Weise zu verewigen. Und das natürlich analog! Fotos, die man für kein offizielles Dokument verwenden kann, die kein Amt akzeptieren würde. Fotos, auf denen man zu zweit sein kann, beim Grimassen schneiden oder küssen. Fotos, nur für sich selbst.

In vier Bildern greift Francis Ducreau dieses Thema auf. Das Posieren, das Warten, das Lachen und Lächeln beim Anblick der Ergebnisse. Beabsichtigte Selbstreferenz?

Letztendlich bleibt auch er der analogen Fotografie treu, ein Anhänger des Mittelformats, der Art des Fotografierens, die das Überraschungsmoment bewahrt und Geduld verlangt.

Und so kann man sich des Gedankens nicht erwehren, dass das durch die Technik auferlegte Abwarten und der geduldige Blick des Fotografen ganz besonders gut zu dieser Stadt passen, die ihren Bewohnern die Zeit zum Leben lässt. Die Zeit, man selbst zu sein. Und wenn das nur der Traum des Fotografen wäre, so möchte man doch auf jeden Fall glauben, dass es wahr sein könnte.

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