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Merci pour vos contributions à l’atelier « Traverser les forêts ». Les textes sont maintenant en ligne sur un nouveau blog, accessible sur invitation (seuls les participants sont invités ;-). Vous êtes curieux ? Lancez-vous ! Vous pourrez ensuite consulter les textes des autres, vous laisser dérouter, inspirer, intriguer…) Si vous êtes en retard, mais que vous voulez encore proposer un texte, pas de problème, je l’ajouterai.

Et maintenant voici notre nouveau thème :

« Attention, fragile ! »

L’inspiration m’a été donnée par le projet magnifique d’Estelle Beauvais « La fragilité », un projet vidéo que je vous conseille très vivement d’aller voir.

Voici comment Estelle Beauvais introduit son travail :

Dans une époque où il est plutôt mal vu de montrer sa fragilité,

Ce projet intervient comme une éclaircie au sein de nos sociétés qui célèbrent bruyamment la puissance.

À contre-courant. Peuvent ressortir des forces inattendues,

Exister est toujours affaire de fragilité.

 

Pensez à regarder au moins la vidéo d’introduction et puis perdez-vous dans les témoignages, dans les images, laissez-vous toucher… Que cela vous serve d’inspiration pour votre texte ou pas, en tout cas, vous ne perdrez rien à ce voyage, bien au contraire.

Quelques autres sources qui pourraient vous inspirer :

Les Notes de chevet de Sei Shônagon.

Un texte japonais du XIe siècle composé par une dame d’honneur et qui se présente sous forme de listes :

« Choses qui font battre le cœur », « Choses désolantes », « Choses qui ont une grâce raffinée », « Montagnes », « Barrières », « Choses qui paraissent affligeantes », etc.

Vous pourriez par exemple présenter votre texte sous la forme d’une liste de « choses fragiles ».

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Petits extraits des Notes de chevet :

18. Choses qui font battre le coeur

Des moineaux qui nourissent leurs petits.


Se coucher seule dans une chambre délicieusement parfumée.


S’apercevoir que son miroir de Chine est un peu terni.


Une nuit où l’on attend quelqu’un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l’averse que le vent jette contre la maison. 

61. Choses sans valeur

Un grand bateau, à sec dans une baie, à marée basse.


Un grand arbre renversé par le vent et couché sur le sol, les racines en l’air.


Le dos d’un lutteur qui se retire après avoir été battu.


Le temps qu’une femme dont la chevelure est courte met à se peigner après avoir oté ses faux cheveux.

82. Choses qui ne servent plus à rien mais qui rappellent le passé.

Une natte à fleurs, vieille, et dont les bords usés sont en lambeaux.


Un pin desséché, auquel s’accroche une glycine.


Dans le jardin d’une jolie maison, un incendie a brûlé les arbres.

L’étang avait d’abord gardé son aspect primitif; mais il a été envahi par les lentilles d’eau, les herbes aquatiques. 
…

Au passage, ce très beau texte sert de référence constante à Peter Greenaway pour son film The Pillowbook. Je ne peux pas résister à mettre sa bande-annonce :

 

Le Dieu des petits riens de la romancière indienne Arundhati Roy (The God of Small Things) aborde également le thème de la fragilité, de ces êtres et des ces choses que l’on ne voit pas, que l’on ne remarque pas, dont on ne parle pas. Un extrait :

Même plus tard, au cours des treize nuits qui suivirent, ils s’en tinrent instinctivement aux petits riens. Les Grandes Choses toujours tapies au-dedans. Ils savaient n’avoir nulle part où aller. Ne rien avoir. Aucun avenir. Ils s’en tinrent donc aux petits riens. Ils rirent des piqûres de fourmis sur leurs fesses. Des chenilles qui tombaient maladroitement des feuilles, des scarabées qui, une fois sur le dos, n’arrivaient pas à se retourner. Des petits poissons qui poursuivaient Velutha dans le fleuve pour le mordiller. D’une mante particulièrement religieuse qui passait son temps à prier. De la minuscule araignée qui vivait dans une fente de la véranda et utilisait toutes sortes de débris en guise de camouflage, fragment d’aile de guêpe, lambeau de toile d’araignée, poussière, feuille en décomposition, thorax évidé d’une abeille morte. Velutha la baptisa Chappu Thamburan. Sa Majesté des Débris. (…) Sans vouloir se l’avouer, ni à eux-mêmes, ni l’un à l’autre, ils en vinrent à lier leur destin, leur avenir (leur Amour, leur Folie, leur Un-fini bonheur) à ceux de la minuscule créature. Chaque soir, avec une terreur grandissante au fil des jours, ils allaient voir si elle était toujours en vie, s’inquiétaient de sa fragilité, de sa petitesse, de l’efficacité de son camouflage, de sa fierté quasiment destructrice. ils finirent par apprécier ses goûts éclectiques. Sa dignité malhabile. Elle devint leur emblème parce qu’ils savaient que la fragilité était leur seul refuge. Qu’il leur fallait s’accrocher à l’infiniment petit. Chaque fois qu’ils se quittaient, ils se contentaient d’une petite promesse mutuelle. « A demain? – à demain. » Ils savaient que d’un jour à l’autre tout pouvait basculer. Ils ne se trompaient pas.

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Voilà, je vous laisse maintenant partir à l’aventure, explorer ce thème de la fragilité de la manière dont vous l’entendez. Comme d’habitude pas de genre imposé, pas de longueur imposée, aucune autre contrainte que celle du thème… et de la date d’envoi : j’attends vos textes à l’adresse zebresurlalangue(at)gmail.com pour le 20 décembre.

J’ai hâte de vous lire!

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